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Récupération de l'eau de pluie : comment mieux gérer l'eau autour de votre maison?

il y a 10 heures
24 min de lecture
Système de récupération eau de pluie avec réservoir souterrain pour une maison

Récupération eau de pluie : récupérer l'eau des gouttières, réduire le ruissellement et la réutiliser pour certains besoins de la maison et du terrain


Le regard du concepteur et de l’entrepreneur

Lorsqu’on conçoit une maison, on pense naturellement à ce qui se trouve à l’intérieur : les espaces, la lumière, les matériaux, les équipements et le confort. Pourtant, une partie importante de la performance d’une propriété se joue à l’extérieur. Et particulièrement lorsqu’il pleut.


Chaque toiture recueille une quantité considérable d’eau. Cette eau peut être évacuée rapidement vers le terrain, dirigée vers un réseau pluvial lorsqu’il existe, infiltrée progressivement dans le sol ou encore récupérée et utilisée. La différence entre ces approches peut sembler secondaire jusqu’au jour où une forte pluie transforme une partie du terrain en zone détrempée, provoque du ruissellement sur une pente ou concentre de l’eau près des fondations. La gestion des eaux de pluie ne consiste donc pas uniquement à installer des gouttières.


Elle commence par une réflexion beaucoup plus large :

Où ira l’eau qui tombe sur votre propriété?


Et, de plus en plus :

Pourquoi évacuer immédiatement une eau que nous pourrions récupérer et utiliser?


Pour une résidence raccordée à l’aqueduc municipal, cette eau peut réduire la consommation d’eau potable. Pour une propriété alimentée par un puits artésien, elle peut également réduire la quantité d’eau que l’on demande au puits pour des usages qui ne nécessitent pas nécessairement une eau potable.


Sur un terrain boisé, montagneux ou en pente, sa gestion peut enfin contribuer à limiter le ruissellement concentré et l’érosion. La récupération de l’eau de pluie devient alors beaucoup plus qu’un geste écologique.

Elle peut faire partie intégrante de la conception de la propriété.


1. L’eau de pluie : une ressource que nous évacuons souvent trop rapidement


Lorsqu’une maison est construite, une nouvelle surface imperméable apparaît sur le terrain : la toiture. Contrairement au sol naturel, elle n’absorbe pratiquement aucune eau. La pluie qui tombe sur le toit est recueillie rapidement, puis concentrée vers quelques descentes de gouttières.


Prenons un exemple volontairement simple.

Une toiture projetée de 200 m² (2 153 pi²) qui reçoit une pluie de 25 mm (1 po) reçoit théoriquement environ :

5 000 litres d’eau. Une seule pluie.


Toutes les précipitations ne pourront évidemment pas être récupérées intégralement : il existe des pertes, et la géométrie du toit, le système de collecte, le débordement du réservoir et d’autres facteurs doivent être considérés. Mais cet exemple permet de comprendre l’ordre de grandeur. La toiture d’une maison peut devenir une véritable surface de captage.


2. Pourquoi récupérer l’eau de pluie?


La première réponse est évidente :

pour éviter d’utiliser inutilement de l’eau potable.


Au Québec, la consommation résidentielle moyenne est d’environ 245 litres par personne par jour, selon les dernières données gouvernementales disponibles. Produire et distribuer cette eau exige des infrastructures, de l’énergie et des investissements importants. Gouvernement du Québec


Or, tous nos besoins ne nécessitent pas nécessairement une eau destinée à la consommation.

Pourquoi utiliser systématiquement une eau traitée pour :

  • arroser certaines plantations;

  • laver certains équipements extérieurs;

  • alimenter certains usages sanitaires permis;

  • ou effectuer d’autres tâches compatibles avec une eau non potable?

La récupération de l’eau de pluie permet donc de conserver l’eau potable pour les usages qui la nécessitent réellement.


La SCHL reconnaît d’ailleurs l’utilisation de l’eau de pluie comme source d’eau alternative pour certains usages et souligne qu’elle peut réduire la consommation provenant des réseaux municipaux ou des puits privés. CMHC Assets


3. Pour une maison avec puits artésien, l’intérêt devient encore plus évident


Dans notre article précédent sur les puits artésiens et les installations septiques, nous avons vu que l’approvisionnement en eau d’une propriété non desservie doit être considéré dès la conception du projet. Un puits n’offre pas nécessairement une capacité illimitée.

Son rendement dépend notamment :

  • de la géologie;

  • de sa profondeur;

  • du débit disponible;

  • de la capacité de recharge;

  • de la pompe;

  • du réservoir de pression;

  • des besoins de la maison.


Utiliser l’eau du puits pour arroser abondamment un terrain pendant une période sèche revient précisément à solliciter davantage la ressource au moment où les précipitations sont moins fréquentes.


Un réservoir d’eau de pluie permet plutôt de constituer une réserve lorsque l’eau est disponible et de l’utiliser ultérieurement.


Cela ne remplace évidemment pas le puits pour les besoins en eau potable.

Mais cela peut devenir un excellent complément.


4. Comment fonctionne un système de récupération d’eau de pluie?


Le principe est relativement simple.


1. Captage

La pluie tombe sur la toiture.


2. Collecte

Les gouttières ou drains de toiture dirigent l’eau vers le système.


3. Préfiltration

Un dispositif permet de retenir feuilles, insectes et autres débris avant l’entrée dans le réservoir.


4. Stockage

L’eau est accumulée dans une citerne hors sol ou, pour certains systèmes résidentiels plus importants, dans un réservoir souterrain.


5. Distribution

Une pompe peut ensuite acheminer l’eau vers les usages prévus.


6. Gestion du trop-plein

Lorsque le réservoir atteint sa capacité maximale, l’excédent doit être dirigé vers un endroit approprié. Ce dernier élément est fondamental.


Un système de récupération ne fait pas disparaître l’eau. Il permet d’en stocker une partie et de mieux contrôler ce qui arrive au surplus.


Premier Tech décrit essentiellement cette même séquence pour ses systèmes Rewatec : gouttière ou drain, filtration, stockage et distribution. Premier Tech Aqua


5. Du simple baril au réservoir souterrain de plusieurs milliers de litres


Tous les projets n’ont évidemment pas besoin du même système.


Le baril de récupération

Pour une utilisation principalement destinée au jardin, un simple baril raccordé à une descente de gouttière peut déjà être utile. Le gouvernement du Québec présente d’ailleurs le baril raccordé aux gouttières comme la méthode la plus commune de récupération résidentielle et indique que certaines municipalités offrent des programmes facilitant leur acquisition. Gouvernement du Québec


La citerne de plus grande capacité

Lorsqu’on souhaite récupérer une quantité beaucoup plus importante, une citerne peut être installée.


Le système souterrain

Pour une construction neuve, l’installation d’un réservoir souterrain peut être particulièrement intéressante puisque les travaux d’excavation et d’aménagement du terrain sont déjà prévus.

Le système devient alors une composante permanente de la propriété.


6. Les systèmes Rewatec de Premier Tech


Les récupérateurs commercialisés par Premier Tech sous la marque Rewatec étaient auparavant les systèmes Éconeau. Premier Tech Aqua

Pour le marché résidentiel, Premier Tech présente actuellement des réservoirs souterrains de :

  • 3 000 litres;

  • 5 000 litres;

  • 7 000 litres.


Des versions sont offertes pour les usages extérieurs et d’autres pour les usages intérieurs et extérieurs. Premier Tech

Premier Tech propose également des systèmes de capacités beaucoup plus importantes pour des applications commerciales ou municipales. Premier Tech Aqua


Il ne faut cependant pas choisir une capacité simplement parce que « plus grand est meilleur ». Le dimensionnement devrait tenir compte du potentiel réel de récupération et des besoins.


7. Comment déterminer la capacité du réservoir?


Trois variables deviennent particulièrement importantes :

1. La superficie de toiture pouvant être utilisée pour la collecte

2. Les précipitations du secteur

3. La consommation prévue de l’eau récupérée


Une grande toiture peut remplir rapidement un petit réservoir. À l’inverse, installer une immense citerne pour alimenter uniquement quelques plates-bandes pourrait représenter un investissement disproportionné.


Premier Tech propose d’ailleurs un calculateur permettant d’estimer le potentiel de récupération, la consommation et la capacité de stockage adaptée au projet. Premier Tech Aqua

L’objectif devrait donc être d’obtenir un équilibre entre ce que la toiture peut fournir et ce que la propriété peut réellement utiliser.


8. Peut-on utiliser l’eau de pluie à l’intérieur de la maison?


Oui, mais cette question demande davantage de prudence, puisque les exigences applicables peuvent varier d’une province et d’une municipalité à l’autre.


Au Canada, le Code national de la plomberie – Canada 2020 prévoit maintenant des exigences particulières pour les systèmes de récupération d’eau de pluie non potable. Ces dispositions encadrent notamment la collecte, le stockage, le traitement et la distribution de cette eau ainsi que la protection du réseau d’eau potable.


Les provinces peuvent toutefois adopter le Code national avec leurs propres modifications et exigences. Il est donc essentiel de vérifier les règles applicables dans la province et la municipalité où la maison sera construite.


Au Québec, la Régie du bâtiment encadre l’utilisation de l’eau de pluie pour certains usages ne nécessitant pas d’eau potable.


En Ontario, le Code du bâtiment 2024 prévoit expressément les systèmes de récupération d’eau de pluie non potable et permet notamment leur utilisation pour les toilettes, les urinoirs, les laveuses, certains éviers de service, l’irrigation et certains autres équipements, sous réserve des exigences applicables au système. Publications Ontario


En Colombie-Britannique, le Plumbing Code 2024 comporte également des dispositions concernant les systèmes d’eau non potable et la récupération de l’eau de pluie. Gouvernement de la Colombie-Britannique


Au Manitoba, le Code national de la plomberie 2020 a été adopté avec des exigences provinciales supplémentaires concernant la conception et le traitement des systèmes d’eau non potable. Province of Manitoba


Dans les autres provinces, notamment au Nouveau-Brunswick, les exigences provinciales et municipales applicables devraient être vérifiées avant de prévoir une utilisation intérieure de l’eau récupérée.


Dans tous les cas, l’eau recueillie sur une toiture doit être considérée comme non potable, à moins qu’un système de traitement conforme permette spécifiquement un autre usage. Elle ne doit jamais être simplement raccordée au réseau domestique comme s’il s’agissait de l’eau provenant de l’aqueduc ou d’un puits.


Avant de prévoir l’utilisation de l’eau de pluie à l’intérieur d’une maison, il faut donc vérifier le code de plomberie applicable, les exigences provinciales et les règlements de la municipalité concernée.


9. Quels usages intérieurs de l’eau de pluie peuvent être envisagés au Canada?


Au Canada, l’eau de pluie récupérée peut être utilisée pour certains usages ne nécessitant pas une eau potable, à condition que le système soit conçu conformément au code de plomberie et aux exigences applicables dans la province où se trouve la propriété.

Selon la réglementation provinciale et la conception du système, les usages pouvant être envisagés comprennent notamment :

  • l’alimentation des toilettes et des urinoirs;

  • certaines machines à laver;

  • certains éviers de service;

  • certains amorceurs de siphon;

  • certains systèmes d’irrigation;

  • certains systèmes hydroniques fermés;

  • ainsi que différents usages extérieurs comme l’arrosage et le nettoyage.


Le Code national de la plomberie – Canada 2020 établit maintenant un cadre pour les systèmes d’eau non potable, notamment en matière de collecte, de stockage, de traitement, de distribution et de protection du réseau d’eau potable.


Les règles précises ne sont toutefois pas nécessairement identiques partout au pays. Le Québec, l’Ontario, la Colombie-Britannique, le Manitoba et les autres provinces peuvent adopter ou adapter ces exigences dans leur propre réglementation, auxquelles peuvent également s’ajouter certaines exigences municipales.


Par exemple, en Ontario, le Code du bâtiment prévoit expressément plusieurs utilisations de l’eau de pluie non potable, notamment pour les toilettes, les urinoirs, les laveuses et certains autres équipements, lorsque le système respecte les exigences applicables.


Au Québec, la Régie du bâtiment encadre également la récupération de l’eau de pluie pour les utilisations qui ne nécessitent pas d’eau potable. Il faut toutefois retenir un principe essentiel :

Une eau de pluie récupérée n’est pas automatiquement une eau potable.


Elle ne devrait donc pas être utilisée pour boire, cuisiner ou pour d’autres usages nécessitant une eau potable simplement parce qu’elle a été filtrée ou stockée dans un réservoir. Toute utilisation intérieure doit être prévue dès la conception du système, avec les équipements de traitement, de plomberie et de protection appropriés.


Avant de déterminer les appareils qui pourront être alimentés par l’eau de pluie, il faut donc vérifier les exigences de la province et de la municipalité où la maison sera construite.


10. Eau non potable signifie réseau distinct


C’est probablement le point le plus important lorsqu’on parle d’utilisation intérieure. Le réseau d’eau de pluie doit être conçu de façon à éviter toute contamination du réseau d’eau potable.

Il faut notamment considérer :

  • la séparation des réseaux;

  • les dispositifs empêchant les raccordements croisés;

  • la filtration;

  • le pompage;

  • l’identification appropriée;

  • la possibilité d’une alimentation d’appoint lorsque le réservoir est vide;

  • les exigences de plomberie applicables.


L’objectif est simple :

une eau destinée aux toilettes ne doit jamais pouvoir contaminer l’eau destinée au robinet de cuisine. C’est pourquoi un système intérieur doit être conçu et installé par des professionnels qui connaissent les exigences applicables.


11. Et lorsque le réservoir est vide?


Un système bien conçu doit également prévoir les périodes sans pluie. Si l’eau récupérée alimente les toilettes, celles-ci doivent évidemment continuer à fonctionner même après plusieurs semaines sèches.


Certains systèmes peuvent donc intégrer une alimentation d’appoint permettant de passer à une autre source d’eau lorsque le niveau devient insuffisant. Premier Tech décrit notamment ce principe de commutation vers l’eau municipale ou l’eau d’un puits lorsque la réserve d’eau de pluie n’est plus suffisante. Premier Tech Aqua


L’objectif n’est pas de remplacer totalement la source principale. Il est plutôt de l’utiliser beaucoup moins lorsque l’eau de pluie est disponible.


12. Combien d’eau potable peut-on réellement économiser?


La réponse dépend énormément :

  • de la superficie de toiture;

  • du climat;

  • du volume du réservoir;

  • du nombre d’occupants;

  • des usages raccordés;

  • de la consommation extérieure.

Il serait donc imprudent de promettre une économie universelle. Mais l’ordre de grandeur devient rapidement intéressant. Une famille de quatre personnes au Québec, à la moyenne actuelle de 245 L par personne et par jour, représente théoriquement :

  • 980 litres d’eau potable par jour.


Sur une année :

  • environ 358 000 litres.


Toute cette consommation ne peut évidemment pas être remplacée par l’eau de pluie. Mais détourner une partie des usages vers une source d’eau non potable peut représenter plusieurs milliers, voire plusieurs dizaines de milliers de litres d’eau potable économisés chaque année, selon la propriété, le climat, la superficie de toiture et le système installé.


Cet enjeu dépasse largement le Québec. Partout au Canada, différentes provinces et municipalités cherchent à réduire la consommation d’eau potable, à mieux gérer les eaux pluviales et à diminuer la pression exercée sur les réseaux municipaux et les sources d’approvisionnement. L’Ontario et la Colombie-Britannique, notamment, encadrent directement la récupération et l’utilisation de l’eau de pluie dans leurs pratiques et leurs codes, tandis que le Nouveau-Brunswick encourage activement la conservation de l’eau afin de protéger les réserves d’eau potable.

sources:


Pour les propriétés alimentées par un puits artésien, cette approche présente un avantage supplémentaire : chaque litre d’eau de pluie utilisé pour un besoin qui ne nécessite pas d’eau potable est un litre qui n’a pas à être puisé dans la réserve souterraine.


13. L’avantage ne se limite pas à économiser l’eau potable


La récupération possède un deuxième avantage important : elle retient temporairement une partie des précipitations. Le gouvernement du Québec souligne que l’augmentation des surfaces imperméables augmente le volume et la rapidité du ruissellement, ce qui peut notamment contribuer à l’érosion et aux problèmes liés aux cours d’eau. Environnement Québec


Une citerne peut donc jouer deux rôles :

réserve d’eau + outil de gestion des eaux pluviales.

C’est particulièrement intéressant lorsque le système est intégré à une stratégie plus complète comprenant :

  • nivellement;

  • infiltration;

  • végétation;

  • surfaces perméables;

  • gestion du trop-plein.


14. Le nivellement du terrain est aussi important que les gouttières


Une maison peut posséder le meilleur système de gouttières au monde et tout de même avoir des problèmes d’eau si son terrain est mal nivelé. Le principe fondamental est simple :

l’eau doit s’éloigner de la maison.

Après les travaux d’excavation et de fondation, le remblai et le nivellement final doivent être réalisés de façon à favoriser un écoulement approprié.

Une dépression près de la maison peut retenir l’eau.

Une pente mal conçue peut la diriger vers :

  • les fondations;

  • une entrée;

  • un garage;

  • une terrasse;

  • un voisin;

  • une zone déjà saturée.

La gestion de l’eau commence donc avant même l’installation des gouttières.

Elle commence avec la topographie du terrain.


15. Pourquoi les terrains en montagne demandent-ils davantage d’attention?


Une propriété en montagne peut offrir un environnement exceptionnel.

Mais l’eau y obéit à une règle très simple :

elle descend.

Sur une pente importante, elle peut prendre de la vitesse.

Si cette eau est concentrée par :

  • une toiture;

  • une entrée;

  • un chemin;

  • un fossé;

  • une surface rocheuse;

elle peut créer un écoulement beaucoup plus agressif qu’un ruissellement diffus sur un terrain naturel.


Les conséquences peuvent inclure :

  • ravinement;

  • déplacement du sol;

  • érosion;

  • accumulation au pied d’une pente;

  • transport de sédiments;

  • détérioration des aménagements.

Le ministère de l’Environnement recommande notamment de préserver les secteurs aux sols plus érosifs dans leur état naturel lorsque possible et d’adapter l’aménagement aux conditions naturelles du site. Environnement Québec


16. Sur un terrain boisé, les arbres font déjà une partie du travail


Une forêt n’est pas seulement décorative.

Le couvert végétal :

  • intercepte une partie des précipitations;

  • ralentit leur arrivée au sol;

  • favorise l’infiltration;

  • stabilise les sols;

  • réduit certaines formes d’érosion.

Lorsque nous déboisons un terrain pour construire une maison, une entrée, un stationnement et des terrasses, nous modifions donc son comportement hydrologique.


Le réflexe ne devrait pas être :

« Déboisons tout et nous aménagerons ensuite. »


Il devrait plutôt être :

« Quelle végétation pouvons-nous conserver pour maintenir le plus possible le fonctionnement naturel du terrain? »

C’est particulièrement pertinent pour les propriétés de montagne.


17. Le déboisement devrait être intégré à la stratégie de drainage


Nous avons déjà abordé le déboisement dans notre article sur les puits, les installations septiques et l’implantation.

Ici, il prend une autre dimension.

Conserver des arbres et des zones végétalisées peut contribuer à :

  • ralentir le ruissellement;

  • stabiliser certaines pentes;

  • maintenir des surfaces perméables;

  • préserver le caractère naturel du terrain.

Il faut évidemment tenir compte :

  • des règlements municipaux;

  • des arbres dangereux;

  • de la construction;

  • des installations septiques;

  • du puits;

  • des accès;

  • des distances nécessaires autour du bâtiment.

Mais conserver intelligemment la végétation existante devrait faire partie du plan de gestion de l’eau.


18. Le trop-plein du réservoir doit être planifié


Même un réservoir de plusieurs milliers de litres possède une capacité limitée. Lors de précipitations importantes ou lorsque plusieurs épisodes de pluie se succèdent, le réservoir peut éventuellement atteindre sa pleine capacité.


Il faut donc prévoir dès la conception :

Que se passera-t-il lorsque le réservoir sera plein?

Une solution fréquemment utilisée consiste à diriger le trop-plein vers un puits percolant, aussi appelé selon les régions puits d’infiltration, puits absorbant ou puits drainant.


Le principe est relativement simple. Le puits percolant est une excavation aménagée dans un sol possédant une capacité d’infiltration suffisante. Il est généralement constitué d’un volume de pierre ou de gravier propre permettant d’emmagasiner temporairement l’eau dans les espaces entre les agrégats. Une membrane géotextile appropriée sépare généralement la pierre du sol environnant afin de limiter la migration des particules fines et le colmatage du système. L’aménagement peut ensuite être recouvert de terre végétale et intégré au terrain. Environnement Québec


L’eau provenant du trop-plein du réservoir est ainsi dirigée vers cette réserve souterraine, où elle peut s’infiltrer progressivement dans le sol naturel plutôt que de ruisseler rapidement à la surface du terrain.

Cette approche peut être particulièrement intéressante sur les propriétés où l’on souhaite limiter le ruissellement, notamment sur certains terrains boisés ou montagneux, à condition que la nature du sol et la topographie permettent réellement l’infiltration.


Le sol doit toutefois pouvoir absorber l’eau

Un puits percolant ne convient pas automatiquement à tous les terrains. La capacité d’infiltration du sol doit être suffisante. Le guide québécois recommande notamment de vérifier cette capacité par des essais de percolation réalisés sur place lorsque nécessaire. La présence d’une nappe phréatique élevée, de roc près de la surface ou d’un sol peu perméable peut limiter ou empêcher l'utilisation de cette solution. Environnement Québec


C’est particulièrement important sur un terrain montagneux : la présence de roc et les fortes pentes peuvent rendre l’emplacement du puits percolant aussi important que son dimensionnement.


Son emplacement doit également être étudié

Il ne suffit pas de creuser une fosse et de la remplir de pierre.

Le puits doit être implanté à une distance appropriée :

  • des fondations;

  • des limites de propriété;

  • des zones sensibles;

  • du puits d’eau potable;

  • de l’installation septique;

  • du roc et de la nappe phréatique;

  • ainsi que des secteurs où une infiltration importante pourrait contribuer à l’instabilité ou à l’érosion d’une pente.

Les distances et exigences précises peuvent varier selon la province, la municipalité et les caractéristiques du terrain. À titre d’exemple, certains règlements municipaux québécois imposent des distances minimales par rapport aux bâtiments et aux limites de propriété. Environnement Québec


Récupérer d’abord, infiltrer ensuite

C’est cette combinaison que je trouve particulièrement intéressante dans une construction neuve. Lorsqu’il pleut, l’eau de toiture est d’abord dirigée vers le réservoir afin d’être récupérée pour les usages prévus. Lorsque le réservoir atteint sa capacité maximale, son trop-plein peut ensuite être dirigé vers un puits percolant correctement dimensionné, permettant à l’excédent de retourner progressivement dans le sol.


On obtient alors une véritable séquence de gestion :

toiture → gouttières → filtration → réservoir de récupération → trop-plein → puits percolant → infiltration dans le sol naturel.


Cette approche permet non seulement de récupérer une partie de l’eau de pluie, mais également de ralentir et mieux contrôler le retour au sol de l’eau excédentaire, plutôt que de simplement la rejeter à la surface du terrain.


Le réservoir et le puits percolant remplissent donc deux fonctions complémentaires : le premier conserve l’eau que l’on souhaite réutiliser; le second aide à gérer l’eau que l’on ne peut plus stocker.


19. Un réservoir ne remplace pas un bon drainage


C’est une distinction importante. La récupération d’eau de pluie ne doit jamais servir à masquer un problème de drainage. Un terrain mal nivelé restera mal nivelé. Une pente érosive restera vulnérable.


Un drain de fondation doit continuer à remplir sa fonction. Une infiltration problématique près du bâtiment doit être corrigée. Le réservoir est un élément d’une stratégie, pas la stratégie entière.


Une bonne conception combine :

toiture + gouttières + citerne + trop-plein + nivellement + infiltration + végétation + drainage approprié.


20. Attention à l’eau dirigée vers les voisins


Le nivellement d’un terrain ne consiste pas simplement à éloigner l’eau de sa propre maison. Il faut également réfléchir à l’endroit où cette eau sera dirigée et aux conséquences que cette modification pourrait avoir sur les propriétés voisines.


Partout au Canada, la gestion des eaux de surface peut être encadrée par une combinaison de lois provinciales, de règles de droit civil ou de common law et de règlements municipaux.


Les exigences précises varient donc selon l’endroit où la maison est construite.

Un principe demeure néanmoins important : lorsque l’on recueille ou concentre artificiellement l’eau provenant d’une toiture, d’une entrée, d’un stationnement ou d’un système de drainage, il faut éviter de la rejeter de façon à causer un problème ou des dommages à une propriété voisine.


Au Québec, le Code civil prévoit notamment que le propriétaire d’un terrain supérieur ne peut aggraver la situation du terrain inférieur. L’eau provenant d’un toit doit également être dirigée de manière à tomber sur la propriété où se trouve le bâtiment, et non sur celle du voisin. Gouvernement du Québec


En Ontario, les règles de common law distinguent notamment l’écoulement naturel de l’eau de surface de l’eau qui a été recueillie et concentrée. Le gouvernement ontarien précise que l’eau provenant des gouttières et descentes pluviales constitue de l’eau recueillie et qu’elle doit être dirigée vers un exutoire approprié. Le propriétaire pourrait être tenu responsable si cette eau cause des dommages à une propriété située en aval. Ontario


En Colombie-Britannique, les municipalités et districts régionaux peuvent adopter des règlements concernant directement le ruissellement provenant des toitures et des surfaces pavées ainsi que l’évacuation des eaux de surface et des eaux pluviales. Les règles peuvent même varier en fonction du terrain et des conditions des eaux de surface ou souterraines. Gouvernement de la Colombie-Britannique


Au Manitoba, certains travaux qui modifient ou augmentent l’écoulement de l’eau vers une propriété adjacente peuvent nécessiter des autorisations, et le consentement écrit du propriétaire voisin peut être exigé dans certaines circonstances. Province of Manitoba


La meilleure stratégie : gérer l’eau sur son propre terrain

Dans une construction neuve, l’objectif devrait donc être, autant que les caractéristiques du terrain et la réglementation le permettent, de gérer l’eau à l’intérieur des limites de la propriété.

Cela peut notamment passer par :

  • un nivellement adéquat éloignant l’eau des fondations;

  • la récupération de l’eau provenant des gouttières;

  • un réservoir de stockage;

  • un puits percolant lorsque le sol s’y prête;

  • des zones végétalisées ou des jardins de pluie;

  • des surfaces perméables;

  • une gestion appropriée du trop-plein.


Le gouvernement du Canada recommande d’ailleurs que le trop-plein d'un récupérateur d'eau soit dirigé vers une zone possédant un bon drainage, comme une zone végétalisée ou un jardin de pluie, et suffisamment loin des fondations de sa propre maison et de celles des propriétés voisines. Canada


Sur un terrain en pente ou en montagne, cette réflexion devient encore plus importante. Une modification du nivellement, une descente de gouttière ou un trop-plein mal positionné peut concentrer une quantité d’eau importante à un endroit qui n’en recevait auparavant qu’une faible quantité. Cela peut favoriser le ravinement, l’érosion ou créer un problème sur un terrain situé plus bas.


La bonne gestion des eaux pluviales ne consiste donc pas à déplacer le problème. Elle consiste à ralentir, récupérer, infiltrer ou évacuer l’eau de façon contrôlée, en tenant compte du terrain, des propriétés voisines et de la réglementation locale.


Avant d’effectuer des travaux importants de drainage ou de modifier substantiellement le nivellement naturel d’un terrain, il demeure recommandé de vérifier les exigences de la province et de la municipalité concernées.


21. Pourquoi les municipalités s’intéressent-elles autant à l’eau de pluie?


Parce qu’une goutte de pluie qui tombe sur une propriété peut éventuellement devenir une charge pour les infrastructures publiques. Lorsque de grandes quantités d’eau sont rapidement dirigées vers les réseaux, elles augmentent les débits que les infrastructures doivent gérer.


Le gouvernement du Québec soutient d’ailleurs actuellement un Programme pour la gestion durable des eaux de pluie 2025-2027, dont les objectifs comprennent le contrôle des apports d’eau à la source et le déploiement de programmes municipaux de gestion durable des eaux pluviales. Gouvernement du Québec


Le principe est intéressant :

gérer l’eau là où elle tombe plutôt que simplement chercher à l’évacuer le plus rapidement possible.


22. Certaines municipalités encouragent directement les récupérateurs


Le gouvernement du Québec indique explicitement que certaines municipalités proposent des programmes de subvention pour l’achat de récupérateurs d’eau de pluie. Gouvernement du Québec

Les programmes peuvent évidemment changer selon :

  • la municipalité;

  • l’année;

  • le budget disponible;

  • le type d’équipement;

  • les critères d’admissibilité.

Avant d’acheter un système, vérifiez donc auprès de votre municipalité :

  • s’il existe une aide financière;

  • si certains équipements sont admissibles;

  • si un permis est requis;

  • quelles règles s’appliquent au trop-plein;

  • quelles utilisations intérieures sont permises;

  • quelles exigences de plomberie doivent être respectées.


Une vérification de quelques minutes peut parfois modifier considérablement la conception du projet.


23. Construction neuve : le meilleur moment pour y penser


Il est possible d’ajouter un récupérateur d’eau de pluie à une maison existante. Mais une construction neuve offre un avantage considérable :


on peut prévoir le système avant que tout soit construit.

On peut coordonner :

  • les gouttières;

  • les descentes;

  • le réservoir;

  • les conduites;

  • la pompe;

  • l’alimentation électrique;

  • le réseau intérieur non potable, s’il est prévu;

  • le trop-plein;

  • le nivellement;

  • les plantations;

  • les accès d’entretien.


Le coût et la complexité peuvent être beaucoup plus faciles à maîtriser lorsqu’on ne doit pas défaire des travaux déjà terminés.


24. L’architecte ou le concepteur architectural devrait-il connaître le système prévu?


Oui, particulièrement lorsqu’une utilisation intérieure est envisagée. Même si les détails techniques seront réalisés par les professionnels spécialisés, le projet architectural doit prévoir l’espace et les parcours nécessaires.

Par exemple :

  • emplacement du réservoir;

  • local mécanique;

  • passage des conduites;

  • pompe;

  • accès d’entretien;

  • coordination avec la plomberie;

  • localisation des descentes pluviales.


Un équipement que l’on prévoit au plan coûte généralement moins cher à intégrer qu’un équipement auquel on pense après la construction.


25. Peut-on utiliser l’eau récupérée pour arroser un potager?


Pour l’arrosage extérieur, il faut faire preuve de jugement selon l’usage et la qualité de l’eau recueillie.

L’eau provenant d’une toiture peut contenir :

  • poussières;

  • matières organiques;

  • contaminants provenant de la toiture;

  • déjections d’oiseaux;

  • autres particules.


Le gouvernement encourage la récupération d’eau pour les jardins et aménagements paysagers, mais l’usage doit rester adapté à la qualité de l’eau et aux recommandations applicables. Gouvernement du Québec


La filtration et l’entretien du système demeurent donc importants même lorsque l’eau n’est pas destinée à la consommation.


26. L’entretien ne doit pas être oublié


Un système de récupération n’est pas un équipement que l’on installe puis oublie pendant vingt ans.

Il faut notamment surveiller :

  • les gouttières;

  • les feuilles;

  • les filtres;

  • les entrées;

  • les pompes;

  • le trop-plein;

  • les conduites;

  • la qualité de l’eau selon les usages;

  • l’état général du réservoir.


Un système mal entretenu perd rapidement une partie de ses avantages.

L’entretien devrait donc être considéré dès le choix de l’équipement.


27. Et l’hiver canadien?


Dans une grande partie du Canada, la conception d’un système de récupération d’eau de pluie doit nécessairement tenir compte du gel.


Du Québec à l’Ontario, au Nouveau-Brunswick, au Manitoba et à la Colombie-Britannique, les conditions hivernales varient considérablement d’une région à l’autre. Une installation située dans le sud de l’Ontario ou sur la côte de la Colombie-Britannique ne sera pas nécessairement soumise aux mêmes conditions qu’un système installé dans le nord du Québec ou au Manitoba.


Le principe demeure toutefois le même : l’eau qui demeure dans une conduite, une pompe ou un réservoir exposé au gel peut provoquer des blocages et endommager les équipements lorsqu’elle gèle et prend de l’expansion.


Les recommandations canadiennes concernant les systèmes résidentiels de récupération d’eau de pluie prévoient donc que les conduites et les citernes doivent être protégées contre le gel.


Les éléments souterrains devraient notamment être installés sous la profondeur de gel locale ou être suffisamment isolés, selon la conception du système et les conditions du site. Publications.gc.ca


Système saisonnier ou utilisation toute l’année?

Deux approches peuvent être envisagées. Un système principalement destiné à l’arrosage extérieur peut être conçu pour une utilisation saisonnière. À l’approche de l’hiver, le réservoir hors sol, les conduites, la pompe et les autres composantes exposées doivent alors être vidangés et préparés adéquatement pour éviter les dommages causés par le gel. Publications.gc.ca


À l’inverse, lorsqu’on souhaite utiliser l’eau récupérée à l’intérieur de la maison pendant toute l’année, notamment pour alimenter les toilettes ou certains autres équipements permis, le système doit être conçu dès le départ pour fonctionner dans les conditions hivernales locales.

Cela peut notamment nécessiter :

  • un réservoir souterrain adéquatement installé;

  • des conduites situées sous la profondeur locale de gel;

  • une isolation appropriée;

  • la protection des pompes, filtres et équipements;

  • certaines composantes situées dans un espace chauffé ou protégé;

  • une conception adaptée au climat particulier de la région.


Premier Tech indique d’ailleurs que ses systèmes souterrains Rewatec peuvent être configurés pour une utilisation hivernale et fonctionner toute l’année. Premier Tech Aqua


Les conditions locales demeurent déterminantes

Il ne faut donc pas appliquer une profondeur d’enfouissement universelle à l’ensemble du Canada. La profondeur de gel varie selon le climat local, l’altitude, la nature du sol, l’accumulation de neige et la région.


Les recommandations canadiennes prévoient justement de déterminer la profondeur de pénétration du gel en fonction des conditions locales et de vérifier les exigences applicables auprès des autorités concernées. Capital Regional District


Sur un terrain montagneux, cette vérification devient particulièrement importante. L’altitude, l’exposition au vent, l’épaisseur de neige, la présence de roc et la topographie peuvent influencer les conditions auxquelles les conduites et le réservoir seront exposés.

La récupération de l’eau de pluie est donc parfaitement compatible avec le climat canadien, mais le système doit être conçu pour le climat réel de l’endroit où la maison sera construite.


28. Combien coûte un système de récupération?


Les coûts varient énormément selon la capacité et le niveau d’intégration. Un simple baril peut représenter une dépense relativement modeste. Un système souterrain résidentiel complet constitue un investissement beaucoup plus important.


À titre indicatif, en octobre 2026, la boutique canadienne de Premier Tech affiche actuellement :

Système Rewatec

Usage

Prix affiché à partir de

3 000 L

extérieur

6 250 $

3 000 L

intérieur + extérieur

7 250 $

5 000 L

extérieur

6 820 $

5 000 L

intérieur + extérieur

7 810 $

7 000 L

extérieur

8 110 $

7 000 L

intérieur + extérieur

9 210 $


Ces prix sont ceux affichés par Premier Tech au moment de ma vérification et peuvent évidemment changer. Ils ne doivent pas être interprétés comme le coût total installé d’un projet.


Il faut notamment considérer, selon le projet :

  • excavation;

  • remblai;

  • conduites;

  • plomberie;

  • électricité;

  • pompe;

  • raccordements;

  • nivellement;

  • aménagement du trop-plein;

  • main-d’œuvre.


29. Est-ce rentable?


Si la seule question est :

« Combien d’années avant que mon économie d’eau rembourse exactement le système? »

la réponse peut être décevante pour certaines propriétés raccordées à un réseau municipal où l’eau n’est pas facturée directement au volume. Mais ce calcul ne raconte pas toute l’histoire.


Un récupérateur peut également contribuer à :

  • réduire la consommation d’eau potable;

  • réduire la sollicitation d’un puits;

  • fournir une réserve pour l’arrosage;

  • mieux gérer une partie du ruissellement;

  • réduire la pression exercée sur les infrastructures collectives;

  • améliorer la résilience de la propriété.


Il faut donc l’évaluer comme un équipement de gestion de l’eau, pas uniquement comme un appareil destiné à générer un rendement financier.


30. Une approche particulièrement intéressante en montagne


Si je devais identifier le type de propriété où cette réflexion mérite particulièrement d’être menée, les terrains montagneux figureraient certainement parmi les premiers.

Pourquoi?

Parce qu’on y retrouve souvent simultanément :

  • un puits privé;

  • une installation septique;

  • une pente importante;

  • un environnement boisé;

  • du roc;

  • des surfaces naturelles qu’on souhaite préserver;

  • des contraintes de drainage.


Sur ces terrains, chaque système influence les autres.

  • Le puits fournit l’eau.

  • Le réservoir récupère une partie des précipitations.

  • La végétation ralentit le ruissellement.

  • Le nivellement éloigne l’eau du bâtiment.

  • Les zones d’infiltration absorbent une partie du surplus.


La bonne solution n’est pas un équipement isolé : c’est la coordination de l’ensemble.


Le conseil du concepteur et de l’entrepreneur


Lorsqu’on prépare une construction neuve, je conseille de ne jamais regarder le drainage comme une étape de finition. Le drainage commence dès l’implantation.


Avant même de couler la fondation, il faut comprendre :

  • d’où vient l’eau;

  • où elle circule naturellement;

  • où la maison va interrompre ce parcours;

  • où les gouttières vont la concentrer;

  • où elle pourra être stockée;

  • où le trop-plein pourra être dirigé;

  • quelles zones doivent demeurer végétalisées;

  • comment le nivellement final protégera le bâtiment.


Sur un terrain plat, ces questions sont importantes.

Sur un terrain en pente ou en montagne, elles deviennent essentielles.

Une belle architecture doit travailler avec le terrain, pas contre lui.


Avant de choisir votre système : 15 questions à poser

  1. Quelle superficie de toiture pourra recueillir l’eau?

  2. Quel volume pourrait être récupéré annuellement?

  3. Quels seront les usages de cette eau?

  4. Usage extérieur seulement ou également intérieur?

  5. Quelle capacité de réservoir convient au projet?

  6. Où sera installé le réservoir?

  7. Comment les gouttières seront-elles raccordées?

  8. Quel système de filtration sera prévu?

  9. Quelle pompe sera nécessaire?

  10. Que se passera-t-il lorsque le réservoir sera vide?

  11. Que se passera-t-il lorsqu’il sera plein?

  12. Où ira le trop-plein?

  13. Comment le système fonctionnera-t-il en hiver?

  14. Quel entretien sera nécessaire?

  15. Quelles sont les exigences de la municipalité et du Code de construction?

Ces questions devraient être posées avant l’excavation, pas lorsque l’aménagement paysager est terminé.


Questions fréquemment posées


L’eau de pluie récupérée est-elle potable?

Non, elle ne doit pas être considérée comme potable simplement parce qu’elle provient d’une toiture. Pour la consommation, la préparation des aliments et les autres usages nécessitant une eau potable, utilisez une source conforme aux exigences applicables. CMHC Assets


Peut-on utiliser l’eau de pluie pour les toilettes?

Oui, des systèmes peuvent être conçus pour cet usage, mais l’installation doit respecter les exigences applicables aux réseaux d’eau non potable et à leur séparation du réseau potable. Régie du bâtiment du Québec


Peut-on alimenter la laveuse?

Les recommandations québécoises concernant les usages de l’eau de pluie non potable incluent les machines à laver, sous réserve des exigences applicables au système. Régie du bâtiment du Québec


Est-ce intéressant avec un puits artésien?

Oui. Cela peut permettre de réserver davantage l’eau du puits aux usages qui nécessitent une eau potable et de réduire sa sollicitation pour certains besoins non potables.


Quelle capacité choisir?

Il faut considérer la superficie de captage, les précipitations locales et la consommation prévue. Un grand réservoir n’est utile que si la toiture peut l’alimenter et si vous pouvez utiliser l’eau stockée.


Est-ce qu’un réservoir empêche les problèmes de drainage?

Non. Il doit être combiné à un nivellement adéquat et à une gestion appropriée du trop-plein, du ruissellement et de l’infiltration.


Est-ce avantageux sur un terrain boisé?

Oui, particulièrement lorsque le système est intégré à une stratégie qui conserve une partie de la végétation naturelle. La récupération ne remplace toutefois pas le rôle du couvert végétal et des sols perméables.


Une municipalité peut-elle subventionner l’installation?

Certaines municipalités proposent des aides, notamment pour des récupérateurs plus simples. Les programmes varient; il faut vérifier directement auprès de sa municipalité. Gouvernement du Québec


Conclusion


Pendant longtemps, la logique résidentielle était simple : la pluie tombe sur le toit, les gouttières la recueillent et on cherche à s’en débarrasser le plus rapidement possible.


Cette façon de penser évolue. Aujourd’hui, une approche plus complète consiste à se demander :

  • Pouvons-nous la ralentir?

  • Pouvons-nous en récupérer une partie?

  • Pouvons-nous l’utiliser avant de la rejeter?

  • Et pouvons-nous permettre au terrain d’absorber progressivement le reste?


Pour une maison raccordée à l’aqueduc, la récupération de l’eau de pluie peut réduire l’utilisation d’une eau potable qui a dû être captée, traitée et distribuée.

Pour une maison alimentée par un puits artésien, elle peut réduire la sollicitation de cette ressource pour certains usages non potables.


Sur un terrain boisé ou montagneux, elle peut devenir l’une des composantes d’une stratégie plus large comprenant la conservation de la végétation, le nivellement, l’infiltration et le contrôle du ruissellement.


Mais le réservoir n’est jamais une solution isolée. La vraie gestion de l’eau commence par la compréhension du terrain.


Une maison bien conçue ne devrait pas seulement être protégée de l’eau. Elle devrait aussi savoir quoi faire intelligemment de l’eau qu’elle reçoit.


Chez PlansdeMaison.ca, cette réflexion s’inscrit dans une vision plus globale de la conception résidentielle : adapter la maison au terrain, prévoir les infrastructures dès le départ et faire des choix qui contribueront au confort, à la durabilité et à la qualité de la propriété pour les années à venir.

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